Les soirées d’été, à Québec.

On oublie parfois combien un paysage est beau lorsqu’on le voit tous les jours. Ce matin, je ne pourrais pas dire ce que la ville avait de différent, mais je me sentais comme ces voyageurs qui la regardent pour la première fois. Et quand je suis sortie tôt ce matin pour me rendre au Manoir d’Auteuil et que j’ai marché de la basse-ville à la haute-ville, avec la fraîche du matin mêlée aux premiers rayons du soleil qui venaient tour à tour se disputer mon épiderme, j’ai tout de suite pensé, “ce qu’ils sont chanceux, les voyageurs”. Et j’avais cet espèce de trop plein d’air dans les poumons qui vous fait soupirer de plaisir.

J’habite la ville de Québec depuis ma naissance, c’est donc dur pour moi de me souvenir de la première fois que j’ai mis les pieds dans le Vieux-Québec. Je me souviens par contre très précisement du sentiment qui m’envahissait lorsque, le samedi soir, on allait voir les amuseurs publics sur la terrasse Dufferin, et qu’assise sur la banquette arrière de la voiture, je pouvais voir apparaître sur la ligne d’horizon, les différents édifices – château Frontenac, Concorde, édifice Price, Complexe G – qui annonçaient la vieille Capitale. J’étais toujours excitée, on y passait toujours de très bons moments. C’était comme s’évader du quotidien, comme partir en voyage, mais à 15 minutes de la maison.

Les rues étaient tellement animées! Partout du monde, partout de la musique. C’était l’été, les soirées étaient tièdes, le soleil se couchait et l’ambiance dans les rues étaient à son comble. Je trouvais la lumière des lampadaires si belle, elle avait quelque chose de réconfortant. Les clients finissaient leur repas sur les terrasses, et ça sentait bon jusque sur le trottoir.

Je pouvais passer de longues minutes à observer les dessinateurs sur la rue Sainte-Anne, si bien que je finissais toujours par perdre le reste de ma famille. Puis on allait s’acheter une queue de castor qu’on dégustait sur la terrasse Dufferin en contemplant le fleuve et la foulée de petites taches noires qui parcouraient le Petit Champlain.

Je me rappelle comme le Vieux-Québec me paraissait un labyrinthe infini alors qu’on sillonnait les rues dans la voiture de mon père à la recherche d’un stationnement. Lorsqu’on finissait par descendre de la voiture, j’avais toujours l’impression qu’on ne la retrouvait jamais à notre retour. On allait rejoindre la rue Saint-Jean à pied, en passant par Sainte-Ursule ou Sainte-Angèle et ces petites rues étroites et anonymes étaient pour moi remplies de mystère.

Ces petites rues semblaient ne servir qu’à faire le lien entre Saint-Louis et Saint-Jean. Pour moi, je ne leur voyais aucune autre utilité. Je ne remarquais pas les hotels, les petites épiceries ou même les appartements habités. Alors que la rue Saint-Jean était bondée de monde, les petites rues, elles, étaient toujours vides.

Aujourd’hui, je travaille sur l’une des petites rues qui font le pont entre Saint-Louis et Saint-Jean. Non seulement j’y travaille, mais j’y habite, et tous les jours, j’arpente la côte qui longe les portes Saint-Jean et Dauphine, le parc de l’Esplanade et les vieilles maisons transformées en condos et en appartements.

Tous les jours, je prends les petites rues exprès. Le charme qui m’échappait autrefois est celui que je recherche aujourd’hui. J’envie parfois les voyageurs, d’avoir la chance de faire ces découvertes pour la première fois et de n’en n’être qu’à leurs débuts avec cette ville magnifique que j’habite, et qui m’habite depuis maintenant 23 ans.

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